Nous quittons La Paz après avoir fait nos provisions pour environ 10 jours et nous entamons notre découverte du sud ouest de la Bolivie. Certains endroits sont très connus et très touristiques (enfin tout est relatif, on est en Bolivie), d’autres sont totalement ignorés des voyageurs. Nous choisissons de faire un peu des deux et de rejoindre le salar d’Uyuni et le sud Lipez (très prisés des voyageurs) par le parc national de Sajama, le circuit Lauca (les chullpas de Macaya et de Julo) et le salar de Coïpasa. Au programme environ 3 semaines de pistes de terres, de sables, en sel selon les endroits.

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Dès le premier jour le paysage est magnifique et depuis une semaine nous avons l’impression de traverser une carte postale. Notre séjour au Pérou nous ayant beaucoup décoincé niveau bivouac, nous nous arrêtons où bon nous semble pour nous installer, soit pour une nuit soit pour deux si on se sent bien. Au fur et à mesure du temps, nos bivouacs sont de plus en plus beaux : au pied du volcan Sajama (6542 m) nous passerons la nuit à 4400 m d’altitude. Les fenêtres sont gelées mais nous dormons tous les 3 sur la couchette du haut et tout se passe bien. Nous avons achetés 4 couvertures en laine : 2 qui servent d’isolant sur la toile du toit et 2 qui nous réchauffent, en plus de nos sacs de couchage. Bref, le soir c’est toute une installation mais nous y arrivons en 10 minutes si on se dépêche. Il peut faire très froid la nuit mais les journées sont très agréables et nous avons presque chaud.

Le deuxième jour de notre périple, nous nous baignons dans des sources chaudes au pied du volcan. C’est surréaliste d’être en maillot de bain dans une eau à 40°C avec vue sur le volcan enneigé !

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Le lendemain nous continuons notre route en direction du salar de Coïpasa. Nous devons le traverser pour rejoindre le salar de Uyuni. C’est un trajet peu commun et nous devons demander plusieurs fois notre route à plusieurs personnes pour être surs de ne pas se retrouver coincés dans le sel sans moyen de communiquer.

Petite note technique sur la formation des salars : il y a 40000 à 25000 ans, le Lago Minchin dont le niveau maximum atteignit 3760 m, recouvrait la majeure partie du sud-ouest de la Bolivie. Lorsqu’il s’évapora, l’endroit resta sec pendant 14000 ans avant l’apparition du Lago Tauca, qui ne subsista que 1000 ans et dont le niveau grimpa à 3720 m. Il laissa deux grands plans d’eau, les lagos Poopo et Uru Uru, et deux vastes concentrations de sel, les salars de Uyuni et de Coïpasa.

Sur le chemin pour Coïpasa, entre deux trous sur la route, nous entendons un gros bruit suivi d’un gros « clac ». Oulala, que se passe-t-il ? rien de grave on espère puisque nous sommes dans un village paumé au milieu de nulle part… finalement ce n’est « que » le porte-pneu de secours qui s’est dessoudé ! Au village suivant nous trouvons un soudeur qui nous réparera ça sans problèmes. C’est la deuxième fois en 15 jours qu’un soudeur nous sauve !! La première c’était pour le marchepied, bien utile pour monter dans notre maison roulante. Anecdote rigolote : quand nous nous sommes arrêtés pour chercher ce qui avait cassé, un monsieur est arrivé vers nous bien étonné de nous trouver là. Il nous a gentiment demandé si on cherchait  de la cocaïne ou de l’argent… rien du tout, on est touriste !! ah bon….. preuve que les touristes sont rares dans la région.

En fait, seules quelques personnes se promènent dans la région pour admirer les chullpas (sépultures) peintes, érigées entre 1470 et 1540. Nous passerons une nuit à côté de ces curieux monuments entre Sajama et Coipasa (circuit Lauca).

Nous traversons une première petite partie du salar de Coïpasa pour atteindre le village de Coïpasa situé sur une île au milieu du salar. L’accueil est super dans ce village, nous passons 1h30 avec Loulou à jouer avec la moitié des gamins du village. Ils sont émerveillés par les cheveux jaunes d’Elouane et surtout ses yeux. Ils passeront du temps à essayer de lui enlever ses lunettes pour observer ses yeux, mais elle ne se laissera pas faire. Nous montrons la France sur une carte du monde, les enfants ne situent pas bien la Bolivie dans le monde. C’était chouette de les voir collés à Mathieu pour essayer de comprendre. Ils veulent aussi que je traduise tous leurs prénoms en français. Ils sont pleins de questions et sont vraiment adorables. Le maire de la ville nous invitera à bivouaquer sur le parking du centre de santé. L’eau est rare en plein milieu du salar et il n’y a même pas de douches dans le centre, ni d’eau dans la chasse d’eau et au robinet des toilettes. Avec notre réserve d’eau dans le 4x4, nous faisons des étonnés !

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Le lendemain, nous quittons ce village si chaleureux en direction du sud. Mais avant d’atteindre les quelques villages au bord de la piste il nous faut retraverser une partie du salar. Et là, la chose est moins aisée que la veille. Peu de véhicules passent par là et les traces sont à peine visibles. Il n’y a que 10 km à parcourir mais suffisamment pour une bonne poussée d’adrénaline… les 2 derniers kilomètres sont les plus difficiles, nous manquons plusieurs fois de nous enfoncer dans la boue sous la croute de sel… ouf, nous avons réussi, merci Titine, tu es une bonne voiture !

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Il faut voir l’état du 4x4 : sel et boue ne font pas bon ménage avec la peinture et nous passons quelques temps à balancer de l’eau pour décoller tout ça !

Le soir, après avoir rechargé notre réserve d’eau au puits d’un village (nous mesurons notre chance d’avoir de l’eau si facilement au robinet), nous nous installons sous le seul arbre de toute la pampa pour un bivouac absolument sublime avec vue sur le salar de Coïpasa. C’est le jour de la douche (une fois tous les 2 jours environ, lol), notre douche solaire est super utile puisque nous arrivons à nous laver avec de l’eau chaude. Pour Elouane, on chauffe de l’eau qu’on met dans sa baignoire. Malgré le soleil, le vent nous force à être très rapide. Avec 20 L nous arrivons à prendre 3 douches. Pas mal !!

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Le samedi 5 novembre, nous rejoignons le salar de Uyuni, 5 fois plus grand que celui de Coïpasa. Le sel s’étend à perte de vue, ces étendues blanches sont superbes. Une fois de plus nous dormons dans un endroit sublime, au pied du volcan Tunupa et au bord du salar.

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Il fait bon et nous prenons l’apéro dehors, vin et caviar d’aubergine ! Miam miam. Nous avons encore en réserve le foie gras que nous avions acheté avant de partir en vue de le déguster dans le salar.

Le lendemain nous rejoignons l’Isla del Pescado, au milieu du salar. Nous nous installons pour 2 nuits devant cette étendue blanche à perte de vue. Nous croisons pas mal de courageux qui voyagent en vélo….et beaucoup de francophones sur l’île. Je ne savais pas que la Bolivie était aussi appréciée des français ou belges.

Nous nous amusons à prendre des photos rigolotes, dans le salar, il n’y a plus de perspective et donc pleins de possibilités pour des photos un peu surréalistes !

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Avant de rejoindre le Palacio de Sal le 9 novembre, nous passons la nuit au cimetière des locomotives. Deuxième endroit le plus visité dans la région après le salar. Franchement, ce n’est pas sensationnel, seulement des tas de vieilles locomotives à vapeur en train de rouiller….mais avec des graffitis assez rigolos.

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L’hôtel de sel est absolument superbe… seul hic, il est en travaux et la piscine dont nous parle Elouane depuis 3 jours est fermée…. Pas grave on la plonge dans sa baignoire avec de l’eau bien chaude et tout est oublié. Merci les amis, cet hôtel est vraiment magnifique et le petit déjeuner sensationnel !!

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Petite anecdote : vous pouvez admirer la nouvelle coupe de Mathieu réalisée par mes soins…..oups !

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Plus de photos sur les albums 26, 27, 28 et 29. Mathieu a eu du mal à classer les quelques 1600 photos prises pendant cette semaine !!!!